La lumière (naturelle). PART II

24.10.2011

Ah vous pensiez que je vous avais oublié avec mon histoire de lumière, n’est ce pas ? Et non, me revoici avec la partie 2.

Pour ceux qui auraient oublié, la partie 1, c’est ici : http://www.culinographie.com/2011/06/03/la-lumiere-part-1/. Nous nous étions intéressés à la façon dont votre appareil photo capte la lumière. Je vous avais laissé entre autres avec le couple fracassant vitesse/ouverture, et leur chère amie, la sensibilité ISO. Si vous avez des questions, n’hésitez surtout pas à nous les poser dans la partie commentaire ou en nous écrivant.

Pour cette deuxième partie, nous allons jouer avec la LUMIÈRE NATURELLE, autrement dit celle que mère nature nous offre : le soleil !
À l’inverse de la lumière artificielle, elle est plutôt économique puisqu’a portée de tous.  Let the sushine in.  Le soleil nous fournit certes une source de lumière facile d’accès, mais difficile à dompter. Grand soleil, intempéries,  journées d’hiver trop courtes, température de couleur changeante*…la lumière naturelle a son lot de contraintes et il faut apprendre à s’adapter.

La température de couleur sera un sujet abordé dans un billet sur la « balance des blancs », c’est l’une des principales contraintes. Les tonalités de couleur changent au cours de la journée, vos blancs seront tantôt bleutés tantôt jaunes/orangés. Je vous parlais précédemment de l’influence de la lumière dans la narration d’une photo : une lumière forte et contrastée donnera une ambiance très différente d’une lumiere douce et diffuse, c’est la même chose pour la tonalité colorée de votre photo, le jaune sera plus chaud, plus « vintage », le bleu plus froid et plus moderne. Il faut donc y penser pendant votre shooting en lumière naturelle, choisissez le bon moment qui correspond au message que vous souhaitez passer.

 

QUELQUES CONSEILS POUR DÉBUTER :

1 / Avant de vous attaquer au plein soleil et à ses contrastes prononcés (ombres très marquées), préférez l’ombre, ou l’orientation nord. Si vous n’avez pas le choix, je vous explique plus bas comment atténuer l’intensité lumineuse du soleil.

2 / Attention aux sources lumineuses que j’appelle parasites, si vous êtes dans votre salon, faites attention à la lumière diffusée par votre écran d’ordinateur, votre télévision, le reflet d’une vitre etc.

3 / Les éléments autour de votre plat à photographier sont aussi à prendre en compte. Des murs et des meubles blancs renvoient la lumière, tandis que des murs de couleur changent la tonalité de votre photo, et des éléments foncés absorbent la lumière. Si vous faites votre photo en étant très proche de votre sujet, faites attention : vous pouvez créer des ombres. En effet souvent invisible lorsque vous déclenchez, l’impact de votre pantalon noir sur votre plat se verra sur la photo. Et oui vos vêtements peuvent aussi jouer le rôle de réflecteur de lumière… Il est parfois préférable de prendre un peu de distance et d’utiliser une télécommande pour déclencher.

4 / La vaisselle et le fond sont aussi importants. Un couvert en bois aura plutôt tendance à absorber la lumière à l’inverse d’une cuillère en argent. Un fond en tissu rouge renverra une tonalité rosé, tandis qu’un fond peint en blanc satiné réfléchira beaucoup de lumière…

 

I/ L’ORIENTATION

Deux orientations sont généralement utilisées :
a-celle où la source lumineuse se trouve sur le côté du sujet et de l’appareil photo.
b-celle où la source lumineuse est face à l’appareil photo (derrière le plat)

Bien évidemment, on se met rarement dos à la source lumineuse :)
La plus facile des orientations à maîtriser est celle venant de côté. Sur fond noir, vous pouvez créer de jolis clairs obscurs. La deuxième permet de faire rentrer plus de lumière dans l’appareil photo, cependant votre plat risque fortement d’être à contre-jour, et il faudra donc contrebalancer en renvoyant de la lumière devant votre sujet.

 

II/ LA RÉFLEXION ET LA DIFFUSION

Il est possible d’atténuer les contre-jours et les ombres trop marquées sans utiliser d’autres sources lumineuses. Pour cela, il suffit de réfléchir la lumière à l’aide des réflecteurs blancs, argentés ou dorés (attention ces deux derniers changent la tonalité de votre photo)
Le réflecteur le plus courant (et économique) reste le carton plume blanc. Placé face à la source lumineuse il réfléchit la lumière, et adoucit les zones d’ombres. Vous pouvez ainsi maîtriser l’intensité lumineuse en diminuant ou augmentant la distance entre votre plat et le carton, mais aussi en jouant avec son inclinaison. À l’inverse, vous pouvez créer des zones d’ombres douces en utilisant un carton plume noir qui va absorber la lumière. Pour une réflexion plus intense et précise, il est possible d’utiliser un miroir que vous dirigerez vers la zone que vous souhaitez mettre en avant.

La lumière est trop intense ? Vous pouvez diffuser plus doucement la lumière venant de vos fenêtres à l’aide de rideaux ou de voiles blancs translucides, ou encore avec de grandes feuilles de papier calque, les ombres seront ainsi plus légères.

Regardez sur ce magnifique enchaînement des 4 photos, les différences sont bien visibles sur les poires, les couverts, l’intérieur du bol…

 

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  1. Mély du Chaudron Pastel

    Merci pour cet article intéressant.
    Petite question : avec une lumière face à l’objectif, j’ai toujours eu un effet de contre-jour horrible.
    Donc, j’ai tendance à utiliser la lumière à gauche (ou droite), et surtout venant de derrière l’objectif.
    Ton avis sur la lumière venant de derrière l’objectif Enila, s’il te plait ?
    Merci :-)

    1. Enila

      Mély : Face à la lumière, il faut justement bien éclairé le plat devant à l’aide de réflecteurs pour avoir une lumière homogène. (Pense aussi à l’orientation de ton objectif, est-il sur la même ligne que ton plat, ou un peu au-dessus ? Déclenche de préférence avec l’appareil légèrement au-dessus, incliné vers le bas) Si tu as toujours des problèmes de contre-jours, c’est que ta source lumineuse est trop forte. Utilise des rideaux ou une feuille de papier calque pour la filtrer, et la rendre plus douce. Il y aura ainsi beaucoup moins de contraste et de problème de contre-jour.
      L’avantage de cette orientation est de pouvoir avoir une lumière diffuse derrière et devant par rétro-éclairage. Si tu shootes en étant dos à la source lumineuse, tu perds déjà pas mal de lumière (tu crées des ombres) et en plus tu peux difficilement éclairer l’arrière de ton plat et les côtés. Tu peux utiliser des réflecteurs sur les côtés, mais je doute que cela soit suffisant. Tout dépend aussi de l’appareil et de l’objectif que tu utilises. Si tu as un reflex,face à la lumière, tu peux te servir de la mesure spot. (on pourra faire un post dessus si c’est nécessaire)

  2. zazazsu

    Des explications très détaillées et une pédagogie sans faille, avec applications à la clé, merci beaucoup pour ce partage de connaissances et bravo pour le blog qui continue sur sa (belle) lancée…

  3. Ping : La lumière en photographie culinaire part.2 via @culinographie | Geek & Food | Scoop.it

  4. Bikini

    coucou
    Une ou deux questions de blonde : c’est quoi le carton plume blanc ?
    chez moi j’ai un vrai souci de lumière et pour l’instant je n’avais pas trouvé d’autres pistes que de jouer avec des fonds noirs.

    un fond un papier blanc brillant ça ne fera pas l’affaire (j’ai trouvé du papier collant pour fonds de placard ), faut vraiment du satiné ?

    ça m’intrigue de se mettre face à la fenêtre carrément ….faut que je teste d’urgence !

    (un petit conseil rapide pour le choix d’un trépied ? )

    1. Enila

      Le carton plume est une plaque en mousse rigide recouverte de deux feuilles de papier (très souvent satiné pour les cartons blancs). On trouve généralement des plaques A4/A3 de 3 à 5mm d’épaisseur. Il est souvent utilisé en architecture pour la construction de maquettes, on peut aussi l’utiliser pour des présentations, y coller des photos etc. Tu peux utiliser des feuilles de papier, mais l’avantage du carton plume est qu’il est rigide et tu peux le faire tenir droit sur un support assez facilement (cf les photos au-dessus), comme ça tu as les mains libres pour en mettre d’autres et déclencher :) Ce n’est pas très cher et ça se vend dans les magasins type Graphigro/ Rougier et Plé/Cultura etc.

      Pour le trépied, tout dépend du poids de ton appareil+objectif. Les Manfrotto sont de très bonnes qualités. Moi j’utilise un 785B, mais malheureusement maintenant les 2kg d’appareil+objectif sont un peu trop lourds dans certaines positions. Le mieux est de te faire conseiller par un vendeur en indiquant quel type d’appareil tu utilises.

  5. Ping : La lumière en photographie culinaire part.2 via @culinographie | Graphicoholic ! | Scoop.it

  6. christelle is flabbergasting

    Moi moi j’ai une question !

    Quel genre de miroir tu utilises ? Homemade ou un vrai ? (si oui, lequel ?)

    Et ce petit objet qu’on voit sur la 1 ère photo, est-ce bien « un gris neutre » pour mesurer la balance des blancs ? (ou me trompe-je)

    1. Enila

      J’utilise un vrai miroir…de poche ! (pour tout te dire, celui que ma mère a eu chez Yves Rocher il y a 20 ans !! Il commence à être bien abîmé mais je l’aime beaucoup :D )
      Et le petit objet sur la 1ère photo (bien que ça y ressemble) ne sert pas à mesurer la balance des blancs… c’est ma télécommande ! hihi C’est vraiment très pratique, couplé avec le déclenchement en mode connecté sur l’ordi, ça change la vie !

  7. Stéphanie

    Merci! C’est la première fois que je comprends bien un schéma d’éclairage….. Je comprends également que je ne peux me passer de réflecteurs. Il faut que j’aille faire un tour en magasin d’arts plastiques! :)

    Vivement l’article sur la balance des blancs! C’est vraiment le truc qui m’embête le plus (je le comprends, mais je n’arrive jamais à m’en sortir!).

    stéphanie

    1. Eleonora

      Stéphanie, j’ai pris des panneaux en toile blanche avec un chassis derrière pour faire de la peinture à l’huile. Cela tient bien debout avec une bouteille derrière. On les trouve dans le rayon papeterie des grandes surfaces. Tu as 3 tailles différentes pour 10 euros seulement …

  8. Eleonora

    J’ai acheté des poires et je viens de suivre tes conseils. Effectivement c’est différent, rien que dans la lumière de l’assiette qui sans le réflecteur est archi blanche. En l’installant, on revoir l’assiette qui donne à la photo un autre cachet. C’est vrai que cette technique prend légèrement plus de temps…mais le résultat en vaut la chandelle. Juste une petite question si on peut y répondre…je cherche depuis un bon bout de temps des planches de la couleur des tiennes…on les trouve ou ??????? En tous cas merci d’avoir ouvert ce blog qui donne des éléments superbes pour s’améliorer…Même si je ne laisse pas toujours de commentaires, j’y viens régulièrement et j’apprends !!! Bon week-end.

    1. Enila

      Eleonora, je suis contente que nos conseils portent leurs fruits !! Il faut persévérer :) Pour les planches, si tu parles de celles en dessous des plats, je l’expliquerais bientôt dans un prochain post. Stay tuned :)

  9. midicuisine

    Balèze l’article! perso je vais m’arrête à l’achat des poires ;-)) mais promis je reviens pour te lire…y a comme un truc fascinant ici…un truc qui m’échappe c’est sur, mais qui me plait beaucoup…

  10. Christine

    Bonjour! We’re putting together 99 links to help foodbloggers take better photos. I love your post and would like to add a link back to this specific post. We’ll send you a link to our completed work once its all put together for your permission. Thank you again…

    Cheers

    Christine
    christine@knapkins.com

  11. Marine

    Le site que j’attendais!! Enfin que je cherchais secrètement dans tous les cas. ^^ Merci pour ces petites astuces et informations de photos culinaires car c’est un métier et je m’en suis bien rendu compte. Il n’est pas improbable que je vienne de temps en temps pour te demander quelques conseils. En tout cas très beau blog, ludique, rafraichissant, gourmand!

  12. Marie

    Merci pour tous ces conseils. En ce moment j’expérimente dans plein de domaines dont la photo et toutes ces explications sont très précieuses

  13. naomi.

    Bonsoir, je viens de découvrir ce blog, c’est simplement une mine d’or! Merci beaucoup!
    Je suis vraiment fan de la photographie culinaire mais je débute encore, et j’ai une question : comment prendre une bonne photo vue de haut? des techniques pour la mise en place?
    Merci encore

  14. Cath

    Bonjour,

    Je découvre votre blog, qui va m’être vraiment utile pour améliorer mes photos… Je suis débutante et je sais déjà, en ayant lu quelques unes de vos pages, que je vais progresser !

    Merci à vous de partager vos connaissances et très bonnes fêtes de fin d’année !

    Cath

  15. Julien

    Encore mille bravo(s) pour ce blog, très bien fait et évidemment ma-gni-fique :)

    Petite question en passant : où trouvez-vous vos fonds/aplats et en particulier les bois teintés que l’on aperçoit sur vos clichés et qui rendent à la fois un esprit rustique et moderne ?

    Merci par avance pour ce « tip »,

    Julien

  16. Ping : Diffuser et réfléchir : dompter la lumière vive - Culinographie

  17. Ping : >Patchwork< Et pendant ce temps, chez les culinographes : | Amaury VIAN - Se souvenir...

  18. Omar

    Bonjour,

    Je suis Designer Graphique dans une entreprise de porcelaine. Maîtrisant aussi bien le graphisme que la photo, je n’ai jamais été rellement confronté à la photographie d’objets. L’entreprise étant réputée pour ses produits haut de gamme, il me faut alors réaliser de très belles photos de chaque pièce, les détourer et les mettre sur fond noir, avec quelques textes de présentation.
    Voici le étapes par lesquelles je suis passé et les problèmes que j’ai rencontré à chaque fois.
    1- J’ai construit une boîte à lumière. Imaginez un cube, sur la gauche , la droite, et le haut, j’ai placé une grande feuille de calque pour faire diffuser la lumière (blanche). La surface où ont été posées les pièces était couverte d’un grand papier calque noir.
    Problème rencontré: Malgré la diffusion de la lumière, trop de reflets sur les pièces en porcelaine.
    2- J’ai doublé voir même triplé le volume des diffuseurs, on voit la marque sur la porcelaine.
    3- Je me suis procuré un filtre polarisant pour limiter ces reflets, mais pas beaucoup de changements.
    Lorsque j’éloigne la source lumineuse, les reflets diminuent mais les pièces apparaissent alors trop sombres.

    J’ai tout essayé, j’ai mis à droite au lieu d’un calque pour diffuser la lumière j’ai juste mis à la place un papier blanc épais pour faire réfléchir la lumière.. La source ne venant que de gauche et le diffuseur pas assez puissant, le coté droit est trop sombre.

    En shootant, je ferme le diaphragme au max -2IL car je veux des pièces bien nettes pour bien les détourer. J’ai un trépied j’ai pas de problème avec les poses assez longues.

    J’aimerai en fait pouvoir réaliser de belles photos de porcelaine, blanches ou pas blanches n’est pas la le problème, j’utilise Photoshop et l’Outil remplacement de couleur pour remédier à ce problème, je veux juste pouvoir prendre des photos de porcelaine bien éclairées, et sans reflet dessus.

    Existe-t-il une méthode bien précise à suivre?

    Merci infiniment.

  19. Stephane

    Très bel article, simple avec des visuels d’exemples très graphiques et esthétiques qui mettent en valeur la technique et la pertinence du propos, je suis sous le charme, vraiment…

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