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Cupcakes au chocolat et autres considérations photographiques

13.01.2013

A Noël, j’ai eu la chance qu’on m’offre le livre de Katie Quinn Davis du blog What Katie Ate. J’ai d’ailleurs l’impression que beaucoup de food blogueurs l’ont également découvert sous le sapin! Il faut bien dire que Katie est une personne extrêmement inspirante. Je la suis depuis ces débuts, je l’ai découvert révolutionner un peu le monde des food blogs avec ses photos hyper contrastées parfois sombres et dures alors que la mode était aux photos claires, mignonnes et colorées. Elle a sa patte bien à elle dans la retouche de ses photos? Mais déjà dans la façon d’organiser son ambiance, je trouve qu’elle a su imposer un style très fort. J’appelle ça le « cracra style » ^^ Il y a toujours pleins de miettes, de gouttes, d’épluchures, de restes sur ses photos. Il y a de la vie. Elle donne l’impression que quelqu’un vient de faire sa cuisine, a posé le plat sur la table ou sur le plan de travail et que la photo témoigne juste d’un instant dans la recette et pouf ensuite le plat disparait, servi ou mis à cuire au four. Bon alors bien entendu, en vrai, chaque miette, chaque goutte a été minutieusement pensée et déposée à un certain endroit et la prise de vue a duré plusieurs heures. On le sait bien. Néanmoins, elle sait donner l’illusion, comme si on s’était introduit dans la cuisine de quelqu’un. Et c’est vraiment ce que j’aime dans son travail, la vie qu’elle y met, l’histoire qu’elle y raconte. D’ailleurs dans son livre, elle a joué cette carte-là à fond (tellement à fond que je trouve qu’au bout d’un moment on a envie de prendre son éponge et de nettoyer tout ça ^^ Mais peut-être est-ce juste ma maniaquerie, vous me direz !). Du coup, pendant les vacances, j’ai eu envie de m’essayer à ce jeu, de rendre ma photo cracra, d’y mettre le bazar.

Alors j’ai réfléchi, beaucoup, au sujet que j’allais photographier. Je voulais travailler autours du chocolat : chocolat sur fond sombre ça me semblait être un combo intéressant. Et puis, j’avais envie de ressusciter Culinographie en rédigeant ce fameux article à propos de la prise de vue sur fond sombre (il est en cours ne vous inquiétez pas ! Culinographie fait partie de mes bonnes résolutions 2013 !), donc ça me semblait l’occasion parfaite. Je sais, j’ai été petite joueuse, j’ai choisi un sujet facile, un sujet mignon, un sujet qui suscite 3 fois sur 4 la gourmandise, je me suis laissée aller à la facilité : j’ai choisi les cupcakes. Bouuuh, oui honte sur moi, cela en est presque malhonnête. Il n’y a pas plus photogénique qu’un cupcake. Je sais.
Bon voilà, j’allais devoir sortir de ma zone de sécurité à salir mon set, j’allais pas non plus choisir un plat de viande ! Chaque chose en son temps, allons-y doucement ! J’ai donc essayé de faire comme si quelqu’un s’était glissé dans ma cuisine pendant que je préparais ces cupcakes au chocolat. J’ai donc sali, barbouillé de farine, nettoyé la farine, re-aspergé de farine, laissé tomber des gouttes de lait à l’aide d’un compte-goutte, lancé du sucre, laissé tomber des copeaux de chocolat. J’ai modifié l’emplacement et la forme de ma « tâche » de sucre à l’aide d’un pinceau, déplacé les copeaux de chocolat à l’aide d’une pince à épiler. J’ai pas mal galéré il faut le dire. Car j’aime pas cuisiner dans le bazar (en même temps dans une cuisine de 4m² tu peux pas te permettre ce luxe), je déteste quand mon plan de travail est sale alors salir mon set, c’était clairement contre-nature !

Quelques heures après et une petit tour dans la moulinette de lightroom, voici donc le résultat. Au final, je n’en suis pas satisfaite. Je trouve que c’est encore bien trop propret et tous mes petits mannequins ont un sourire trop crispé. Le résultat manque de naturel, c’est trop figé. J’avais fini la prise de vue par des photos classiques du produits (donc sans miettes et gouttes), je les ai mise dans cet article mais bof bof voilà. Elles n’ont aucun intérêt à mon sens.
Celle que j’aime bien en revanche, c’est celle des cupcakes en vue presque zénithale. C’est d’ailleurs pour ça que je l’ai mis bien en gros, haha ! Je saurais pas vous expliquer pourquoi mais c’est celle qui me satisfait le plus. Peut-être parce que c’est celle qui a le moins de props (désolée je trouve pas de traduction française pour désigner ces objets qui composent le stylisme), du coup on est plus focalisé sur le produit, il y a moins de détour (et donc moins de chance de se planter!).
En tout cas, j’ai beaucoup aimé tenter de nouvelles choses (2013 année de la sortie de ma zone de confort !) et essayer de reproduire de reproduire un style. C’est d’ailleurs un exercice beaucoup compliqué que ce que j’imaginais ! Mais c’est intéressant car cela permet d’approfondir certaines choses que l’on maitrise peu ou moins bien.

Bon, désolée pour ce pavé, j’espère que vous aurez réussi à le suivre jusqu’au bout ^^ Mais ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé photographie culinaire par ici !
Et vous, quel serait votre challenge photographique pour 2013 ? Quelles sont les contrées photo que vous auriez envie d’explorer ? Les photographes et/ou stylistes qui vous inspirent et qui pourraient constituer un autre exercice de style ?

[Edit : Désolée, je ne mets pas la recette, d'un part parce que le propos de cet article c'est plus la photo que la cuisine et d'autre part, parce qu'entre nous franchement, ces cupcakes ils n'avaient rien d'exaltant ! De simples cupcakes au chocolat dont vous pourrez trouver la recette partout sur le web !]

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Mais pourquoi est-ce que je photographie mes plats ?

17.07.2011

Bien le bonjour par ici !

Je ne vais pas vous présenter mes excuses pour avoir été et l’être encore un moment, absente de ce blog. Je déteste les blogueurs qui s’excusent de ne pas bloguer, comme si le blog était une telle contrainte que si on ne remplit pas un certains quota de billet on risque gros. J’imagine déjà la foule révoltée des lecteurs frustrés de n’avoir eu leur dose quotidienne de blog. La psy en moi dirait que s’excuser de son absence, c’est souligner combien on est attendu par ses lecteurs, que l’on est indispensable à leur quotidien. Alors qu’au final, c’est le contraire, c’est plutôt le blogueur qui a besoin de ses lecteurs.
Mais, je vous épargne la psychanalyse du blogueur, ça sera pour un prochain épisode. Je suis d’ailleurs étonnée qu’aucun psy ne se soit attaché à analyser les mécanismes à l’oeuvre chez le blogueur et sa blogosphère parce que c’est pourtant absolument passionnant. (Mais les psy ne savent même pas utiliser internet pour communiquer sur leurs revendications concernant l’état déplorable de la santé en France, donc ça ne m’étonne pas tant que ça en fait).

Mais toutes ces digressions pour vous dire quoi au final ? Et bien juste pour vous prévenir (si tant est que vous vous inquiétassiez) qu’en ce moment je suis en pleine réflexion quant à ce blog. Enfin en pleine réflexion par rapport aux photos.
Avant de créer ce blog, j’avais déjà tenu un blog plutôt orienté pâtisseries et gourmandises pendant 2/3 ans. Je l’ai arrêté car il ne me plaisait plus, je m’y sentais enfermée sans possibilité de le faire évoluer. J’ai créé les Carnets Parisiens avec beaucoup d’ambitions : j’avais envie de l’imager avec beaucoup de photos, pas seulement culinaires. Je me souviens vraiment m’être dit que ce serait un bon moyen pour me bouger les fesses et progresser en photo. Et puis, il y a probablement eu un genre de faille spatio-temporelle parce qu’au final sur ce blog, il n’y a quasiment que de la photo culinaire.

[Petit aparté mais je suis désespérée par mon écriture. Un jour il faudrait que je m’allonge sur le divan pour comprendre pourquoi écrire est si difficile. Pourtant je suis du genre bavarde, j’ai toujours pleins de choses à raconter. Mais dès qu’il s’agit de poser des mots, c’est une telle plaie. Rien que pour écrire ces quelques lignes, je viens de passer 2 heures. 2 heures à écrire un mot puis lire un blog, me préparer un thé, me recoiffer, écrire un autre mot, appeler ma mère… Le pire c’est que je sais exactement le propos que je veux tenir, ce n’est même pas un manque d’imagination. Mais aligner des mots à l’écrit me répulse carrément !]

Bref, je vais tenter une autre stratégie et vous donner d’emblée là où je veux en venir, peut-être qu’après les explications viendront plus facilement !

Cela fait un petit moment que je me fais la réflexion que je tourne en rond en ce qui concerne la photo culinaire. Je pense avoir pas mal progressé depuis le début de ce blog, j’ai même eu des moments où je me suis sentie « trop bonne, trop forte, trop la meilleure quoi ». Il faut dire qu’au bout d’un moment quand les lecteurs commentent en disant combien ils aiment mes photos, qu’elles sont trop belles et tout le tralala ben on finit par y croire (on aime y croire du moins). Et quand on voit qu’avec ces photos on peut même les vendre et avoir des commandes on finit par penser qu’on pourrait même en faire son métier.

Sauf qu’en vrai, mon métier c’est psychologue et parallèlement je blogue mais je ne suis ni photographe, ni styliste culinaire. La photo culinaire me passionne. La photographie en général mais pour le moment c’est en cuisine que j’expérimente le plus la photo. Mais si le blog est un formidable moteur car il nous pousse à expérimenter et à s’améliorer, il est devenu pour moi un véritable boulet. Bien sûr, j’adore quand vous me dites que mes photos sont top mais là j’ai envie de vraiment progresser en photo culinaire et pour ça j’ai besoin d’avoir des retours objectifs, des critiques. C’est quand j’ai eu le retour des remarques émises par le jury professionnel d’un concours de photographie culinaire que je me suis rendue compte à quel point ça faisait du bien. Et surtout à quel point, le monde des blogs peut devenir anesthésiant.

Outre quelques blogueurs (je pense surtout à Katy Quinn Davis qui fait un remarquable travail autours du produit et de la lumière), je trouve que les photos s’uniformisent désespérément. Je ne compte plus les photos avec une planche de bois en fond, des couverts anciens, de la porcelaine dorée, du tissus à fleurs et pleins de trucs trop mimi-mignons. Les couleurs tendent vers le rose avec une forte lumière. Et moi la première ! Au final, je me demande si on ne cherche pas plus à faire des photos jolies qu’à réellement transmettre une recette.
Ca fait un bon moment qu’à coup d’échanges de mail avec Christelle – qui ne fait pas que flabbergastinger – on philosophie sur le but d’une photo culinaire, ce qu’on cherche à montrer. J’en suis arrivée à la conclusion que ce qui m’intéressait le plus, ce qui me touchait le plus dans une photo culinaire (et les photos en général) c’est l’instant qu’elle fige. Pas juste un plat posé sur un fond. Non, je veux voir que ce plat a vécu, qu’il fait parti d’une ambiance, qu’il s’inscrit dans un moment de goûter, de déjeuner etc… J’aime quand les photos ont une histoire, qu’elles racontent quelque chose, qu’elles transmettent. Parce que pour moi la nourriture a aussi cette fonction : celle du partage, de la convivialité, de la vie. Et je voudrais que mes photos puissent en témoigner.

Et aussi, ce qui me frustre dans ce blog, c’est le travers que j’ai pris à ne publier que les recettes photogéniques et à ne même plus essayer de prendre en photo les plats en sauce ou les viandes. J’aimerais réussir à vous transmettre des recettes un peu plus gastronomiquement intéressantes que des cupcakes ou des tartes.
Mais c’est bien beau d’intellectualiser son rapport à la photo encore faut-il le mettre en œuvre ! Mais je pense pas que je puisse le faire sur ce blog. Non mais c’est vrai, comment progresser si tout le monde vous dit que c’est bien ce que vous faites ?! Haaa comme j’aimerais qu’on puisse critiquer et discuter sur les blogs ! [C’est d’ailleurs la prochaine étape de Culinographie : créer un véritable espace d’échange autours de critiques constructives. Ça et reparler du « style » en photographie culinaire !]

Donc tout ce looong billet, pour vous dire de ne pas vous étonner si les photos culinaires se font rares par ici. C’est juste le temps que je sache quelles photographies me conviennent et comment aborder tous ces plats si peu photogéniques !

Parigote qui a mis plus de 3 heures à écrire ce billet. C’est record quand même.
Et qui admire ceux qui auront le courage de lire ce pavé !

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