Bien le bonjour par ici !

Je ne vais pas vous présenter mes excuses pour avoir été et l’être encore un moment, absente de ce blog. Je déteste les blogueurs qui s’excusent de ne pas bloguer, comme si le blog était une telle contrainte que si on ne remplit pas un certains quota de billet on risque gros. J’imagine déjà la foule révoltée des lecteurs frustrés de n’avoir eu leur dose quotidienne de blog. La psy en moi dirait que s’excuser de son absence, c’est souligner combien on est attendu par ses lecteurs, que l’on est indispensable à leur quotidien. Alors qu’au final, c’est le contraire, c’est plutôt le blogueur qui a besoin de ses lecteurs.
Mais, je vous épargne la psychanalyse du blogueur, ça sera pour un prochain épisode. Je suis d’ailleurs étonnée qu’aucun psy ne se soit attaché à analyser les mécanismes à l’oeuvre chez le blogueur et sa blogosphère parce que c’est pourtant absolument passionnant. (Mais les psy ne savent même pas utiliser internet pour communiquer sur leurs revendications concernant l’état déplorable de la santé en France, donc ça ne m’étonne pas tant que ça en fait).

Mais toutes ces digressions pour vous dire quoi au final ? Et bien juste pour vous prévenir (si tant est que vous vous inquiétassiez) qu’en ce moment je suis en pleine réflexion quant à ce blog. Enfin en pleine réflexion par rapport aux photos.
Avant de créer ce blog, j’avais déjà tenu un blog plutôt orienté pâtisseries et gourmandises pendant 2/3 ans. Je l’ai arrêté car il ne me plaisait plus, je m’y sentais enfermée sans possibilité de le faire évoluer. J’ai créé les Carnets Parisiens avec beaucoup d’ambitions : j’avais envie de l’imager avec beaucoup de photos, pas seulement culinaires. Je me souviens vraiment m’être dit que ce serait un bon moyen pour me bouger les fesses et progresser en photo. Et puis, il y a probablement eu un genre de faille spatio-temporelle parce qu’au final sur ce blog, il n’y a quasiment que de la photo culinaire.

[Petit aparté mais je suis désespérée par mon écriture. Un jour il faudrait que je m'allonge sur le divan pour comprendre pourquoi écrire est si difficile. Pourtant je suis du genre bavarde, j'ai toujours pleins de choses à raconter. Mais dès qu'il s'agit de poser des mots, c'est une telle plaie. Rien que pour écrire ces quelques lignes, je viens de passer 2 heures. 2 heures à écrire un mot puis lire un blog, me préparer un thé, me recoiffer, écrire un autre mot, appeler ma mère... Le pire c'est que je sais exactement le propos que je veux tenir, ce n'est même pas un manque d'imagination. Mais aligner des mots à l'écrit me répulse carrément !]

Bref, je vais tenter une autre stratégie et vous donner d’emblée là où je veux en venir, peut-être qu’après les explications viendront plus facilement !

Cela fait un petit moment que je me fais la réflexion que je tourne en rond en ce qui concerne la photo culinaire. Je pense avoir pas mal progressé depuis le début de ce blog, j’ai même eu des moments où je me suis sentie « trop bonne, trop forte, trop la meilleure quoi ». Il faut dire qu’au bout d’un moment quand les lecteurs commentent en disant combien ils aiment mes photos, qu’elles sont trop belles et tout le tralala ben on finit par y croire (on aime y croire du moins). Et quand on voit qu’avec ces photos on peut même les vendre et avoir des commandes on finit par penser qu’on pourrait même en faire son métier.

Sauf qu’en vrai, mon métier c’est psychologue et parallèlement je blogue mais je ne suis ni photographe, ni styliste culinaire. La photo culinaire me passionne. La photographie en général mais pour le moment c’est en cuisine que j’expérimente le plus la photo. Mais si le blog est un formidable moteur car il nous pousse à expérimenter et à s’améliorer, il est devenu pour moi un véritable boulet. Bien sûr, j’adore quand vous me dites que mes photos sont top mais là j’ai envie de vraiment progresser en photo culinaire et pour ça j’ai besoin d’avoir des retours objectifs, des critiques. C’est quand j’ai eu le retour des remarques émises par le jury professionnel d’un concours de photographie culinaire que je me suis rendue compte à quel point ça faisait du bien. Et surtout à quel point, le monde des blogs peut devenir anesthésiant.

Outre quelques blogueurs (je pense surtout à Katy Quinn Davis qui fait un remarquable travail autours du produit et de la lumière), je trouve que les photos s’uniformisent désespérément. Je ne compte plus les photos avec une planche de bois en fond, des couverts anciens, de la porcelaine dorée, du tissus à fleurs et pleins de trucs trop mimi-mignons. Les couleurs tendent vers le rose avec une forte lumière. Et moi la première ! Au final, je me demande si on ne cherche pas plus à faire des photos jolies qu’à réellement transmettre une recette.
Ca fait un bon moment qu’à coup d’échanges de mail avec Christelle – qui ne fait pas que flabbergastinger – on philosophie sur le but d’une photo culinaire, ce qu’on cherche à montrer. J’en suis arrivée à la conclusion que ce qui m’intéressait le plus, ce qui me touchait le plus dans une photo culinaire (et les photos en général) c’est l’instant qu’elle fige. Pas juste un plat posé sur un fond. Non, je veux voir que ce plat a vécu, qu’il fait parti d’une ambiance, qu’il s’inscrit dans un moment de goûter, de déjeuner etc… J’aime quand les photos ont une histoire, qu’elles racontent quelque chose, qu’elles transmettent. Parce que pour moi la nourriture a aussi cette fonction : celle du partage, de la convivialité, de la vie. Et je voudrais que mes photos puissent en témoigner.

Et aussi, ce qui me frustre dans ce blog, c’est le travers que j’ai pris à ne publier que les recettes photogéniques et à ne même plus essayer de prendre en photo les plats en sauce ou les viandes. J’aimerais réussir à vous transmettre des recettes un peu plus gastronomiquement intéressantes que des cupcakes ou des tartes.
Mais c’est bien beau d’intellectualiser son rapport à la photo encore faut-il le mettre en œuvre ! Mais je pense pas que je puisse le faire sur ce blog. Non mais c’est vrai, comment progresser si tout le monde vous dit que c’est bien ce que vous faites ?! Haaa comme j’aimerais qu’on puisse critiquer et discuter sur les blogs ! [C'est d'ailleurs la prochaine étape de Culinographie : créer un véritable espace d'échange autours de critiques constructives. Ça et reparler du "style" en photographie culinaire !]

Donc tout ce looong billet, pour vous dire de ne pas vous étonner si les photos culinaires se font rares par ici. C’est juste le temps que je sache quelles photographies me conviennent et comment aborder tous ces plats si peu photogéniques !

Parigote qui a mis plus de 3 heures à écrire ce billet. C’est record quand même.
Et qui admire ceux qui auront le courage de lire ce pavé !

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